Michael Polanyi et H.M. Collins opposent la connaissance tacite à la connaissance explicite. Pour Collins, les secrets et les autres formes de « connaissance tacite relationnelle » sont tacites, mais seulement du fait de circonstances et de relations humaines spécifiques. Collins traite cette connaissance relationnelle comme moins intéressante d’un point de vue théorique que la connaissance collective qui est par essence difficile, voire peut-être impossible à exprimer par des formulations expli…
Read moreMichael Polanyi et H.M. Collins opposent la connaissance tacite à la connaissance explicite. Pour Collins, les secrets et les autres formes de « connaissance tacite relationnelle » sont tacites, mais seulement du fait de circonstances et de relations humaines spécifiques. Collins traite cette connaissance relationnelle comme moins intéressante d’un point de vue théorique que la connaissance collective qui est par essence difficile, voire peut-être impossible à exprimer par des formulations explicites. Dans cet article, je me focalise sur la connaissance tacite relationnelle, malgré sa marginalité dans la typologie de Collins, parce qu’elle permet d’attirer l’attention sur les ambiguïtés conceptuelles de la relation entre connaissance tacite et connaissance explicite. Qui plus est, ces ambiguïtés entrent en jeu, au titre de ressources stratégiques, dans l’histoire des conflits relatifs au travail et dans les efforts visant à sécuriser et préserver l’autonomie professionnelle. Au lieu de traiter la connaissance tacite comme une substance possédée par des individus et des groupes, je suggère qu’une alternative empirique et sociologique serait d’enquêter sur les utilisations pragmatiques et polémiques de la distinction tacite/explicite dans des circonstances particulières d’action et de conflit.