Ce projet de recherche-création explore les trajectoires existentielles à travers le concept de modes d’existence, les passages par lesquelles la vie, la valeur et l’individuation se déploient et se transforment dans le temps. Ces modes ne reposent pas sur des identités fixtes, mais sur des dynamiques relationnelles et des réalités métastables, où l’existence se forme par écarts, seuils et transformations continues. Dans la continuité de mes recherches sur l’ontogenèse de la forme, ce projet éla…
Read moreCe projet de recherche-création explore les trajectoires existentielles à travers le concept de modes d’existence, les passages par lesquelles la vie, la valeur et l’individuation se déploient et se transforment dans le temps. Ces modes ne reposent pas sur des identités fixtes, mais sur des dynamiques relationnelles et des réalités métastables, où l’existence se forme par écarts, seuils et transformations continues. Dans la continuité de mes recherches sur l’ontogenèse de la forme, ce projet élabore une logique processuelle de l’existence, en rupture avec les approches fondées sur des formes fixes ou des vérités déterminées. Inspiré par Whitehead, Simondon, Souriau, Deleuze et Guattari, Lapoujade, Moten, Stengers, Manning et Massumi, il propose une ontologie relationnelle et pluraliste où chaque existence co-émerge avec les conditions sensibles, sociales, technologiques et écologiques qui la constituent. La métaphysique y devient pratique de transformation : une manière d’interroger les conditions de l’être et du devenir, de l’essence et du changement, non comme oppositions mais comme dynamiques de différenciation. Elle s’affirme comme pratique de la vie en création, un art de sentir, de relier et de composer dans les zones d’indétermination du monde. Face aux logiques contemporaines d’extraction, de classification et de capture algorithmique du vivant, la recherche élabore des techniques modales (pratiques de perception, d’attention et de sentir) qui expérimentent de nouveaux rapports au sensible, au social et au technologique, et permettent d’habiter un monde en devenir, irréductible à la catégorisation et à la fixité. Ces techniques agissent comme outils philosophiques, esthétiques et politiques, ouvrant des voies de recomposition du réel, de nos manières d’exister et de créer collectivement. La recherche-création est envisagée non seulement comme méthode, mais comme orientation philosophique. Elle est une manière sensuelle et incarnée de penser en mouvement. L’atlas devient un site de rencontre topologique, où la philosophie se déploie comme pratique esthétique et champ d’expérimentation sensible. Le projet développera la recherche et la création spéculative et conceptuelle, tout en s’impliquant dans le champ pragmatique des esthétiques et des pratiques artistiques, à travers des collaborations, des laboratoires, des expérimentations in situ, et la création d’un manuscrit hybride tissant écriture spéculative, diagrammes, partitions de mouvement, photographies, notes conceptuelles et fragments vécus. Chaque section développera une technique modale comme concept opératoire et expérience vécue, en dialogue avec des vecteurs politiques, écologiques et technologiques. Ce travail vise à délier la philosophie de son abstraction représentative pour la rendre immanente à la création et à l’expérience. Elle devient invention de concepts opérant comme modes de vie, pratique vivante de la transformation, aventurant la pensée vers les bords affectifs du connaissable, là où elle devient sensation, rythme et événement. Ce projet contribue à la renouvellement des fondements de la philosophie, de la métaphysique et de l’esthétique. Il resitue l’esthétique dans les manières d’exister et conçoit la philosophie comme champ expérimental attentif aux devenirs du monde. Atlas de la vie métastable élabore des outils conceptuels et perceptuels pour naviguer la complexité du présent, recomposer les relations et inventer des nouveaux formes collectives de pensée et de vie.