Cet article se propose d’explorer la figure ambivalente de l’ombre, omniprésente dans la littérature et la tradition théâtrale occidentales, où elle est souvent synonyme de fantôme. Le théâtre, en particulier, donne fréquemment à voir des spectres et à entendre des voix venues d’outre-tombe. L’ombre devient alors matière, incarnant un corps plus ou moins visible aux yeux du spectateur. La réflexion menée ici s’attache à considérer l’ombre comme une fi-gure archétypale, afin de mettre en lumière …
Read moreCet article se propose d’explorer la figure ambivalente de l’ombre, omniprésente dans la littérature et la tradition théâtrale occidentales, où elle est souvent synonyme de fantôme. Le théâtre, en particulier, donne fréquemment à voir des spectres et à entendre des voix venues d’outre-tombe. L’ombre devient alors matière, incarnant un corps plus ou moins visible aux yeux du spectateur. La réflexion menée ici s’attache à considérer l’ombre comme une fi-gure archétypale, afin de mettre en lumière la relation qui se tisse entre l’archétype de l’ombre tel qu’il apparaît dans les contes de fées traditionnels, et celui qui émerge dans les réécritures contemporaines du Petit Chaperon rouge proposées par Emma Dante et Joël Pommerat. Ces relectures mettent en scène des personnages à mi-che-min entre le fantôme et l’alter ego, donnant à voir à la fois l’absence et la présence d’une entité spectrale intrin-sèquement liée au personnage lui-même: elle incarne ses cauchemars, ses hallucinations, ses craintes et définit son essence même. En même temps, cette ombre attire le regard du spectateur par sa présence/absence jusqu’à dis-paraître car elle finit par se dissiper à la lumière du soleil. Ce phénomène symbolique permet de penser leur disparition comme l’aboutissement du parcours initiatique des héroïnes qui, après avoir tra-versé la forêt pleine de dangers, accèdent à un état de maturité, devenant de jeunes adultes plus ou moins épanouies et indépendantes. La réflexion menée ici s’attache à considérer l’ombre comme une figure archétypale, afin de mettre en lumière la relation qui se tisse entre l’archétype de l’ombre tel qu’il apparaît dans les contes de fées traditionnels, et celui qui émerge dans les réécritures contemporaines du Petit Chaperon rouge proposées par Emma Dante et Joël Pommerat. Ces relectures mettent en scène des personnages à mi-chemin entre le fantôme et l’alter ego, donnant à voir à la fois l’absence et la présence d’une entité spectrale intrinsèquement liée au personnage lui-même : elle incarne ses cauchemars, ses hallucinations, ses craintes et définit son essence même. En même temps, cette ombre attire le regard du spectateur par sa pésence/absence jusqu'à disparaître car elle finit par se dissiper à la lumière du soleil. Ce phénomène symbolique permet de penser leur disparition comme l’aboutissement du parcours initiatique des héroïnes qui, après avoir traversé la forêt pleine de dangers, accèdent à un état de maturité, devenant de jeunes adultes plus ou moins épanouies et indépendantes.