Le poème liminaire sur lequel s’ouvrent Les fleurs du mal informe le lecteur de la suréminence d’un vice sur tous les autres : l’ennui. Partant, à l’aune de l’importance que lui consent Baudelaire, nous avons voulu présenter une esquisse des différentes modalités par lesquelles l’ennui se dévoile, en l’occurrence : l’expérience du temps, l’ivresse, la religion et la métaphysique. Le schème qui s’y révèle est celui d’une tension entre d’une part la volonté de dépasser l’ennui et d’autre part la v…
Read moreLe poème liminaire sur lequel s’ouvrent Les fleurs du mal informe le lecteur de la suréminence d’un vice sur tous les autres : l’ennui. Partant, à l’aune de l’importance que lui consent Baudelaire, nous avons voulu présenter une esquisse des différentes modalités par lesquelles l’ennui se dévoile, en l’occurrence : l’expérience du temps, l’ivresse, la religion et la métaphysique. Le schème qui s’y révèle est celui d’une tension entre d’une part la volonté de dépasser l’ennui et d’autre part la volonté de s’y engager résolument. Or, ce qui affleure en dernière analyse chez Baudelaire, c’est la prise de conscience douloureuse de l’impossibilité de toute fuite véritable. L’ennui se révèle ainsi comme la matrice poétique indépassable du poète, donnant lieu, en la justifiant, à une écriture ironique qui œuvre souterrainement à la conscientisation d’un lectorat indolent.