Nous proposons de montrer la façon dont la psychiatrie a pu tirer profit de la phénoménologie pour son propre projet, et cela au prisme de la notion d’« événement » développée par Henri Maldiney et Claude Romano. Après avoir montré le défi que pose, pour la phénoménologie, la psychiatrie, nous expliciterons l’acception proprement philosophique du concept d’événement, pour relever ensuite la façon dont l’événement peut faire défaut ainsi que les conséquences phénoménologiques d’un tel défaut da…
Read moreNous proposons de montrer la façon dont la psychiatrie a pu tirer profit de la phénoménologie pour son propre projet, et cela au prisme de la notion d’« événement » développée par Henri Maldiney et Claude Romano. Après avoir montré le défi que pose, pour la phénoménologie, la psychiatrie, nous expliciterons l’acception proprement philosophique du concept d’événement, pour relever ensuite la façon dont l’événement peut faire défaut ainsi que les conséquences phénoménologiques d’un tel défaut dans l’histoire de la vie d’un existant. Nous invoquerons pour ce faire Le cas Suzanne Urban de Ludwig Binswanger, qui décrit comment la présence au monde d’une femme s’étiole à la suite de l’annonce du cancer de son mari. Il apparaîtra que l’événement traumatique institue dans le cours de l’existence un dés-accord (Verstimmung) par lequel l’être-au-monde lui-même subit une métamorphose – métamorphose que la psychiatrie phénoménologique se donne pour tâche de décrire.