Depuis 1973 et l’œuvre phare de Charles Kahn, The Verb to be in Ancient Greek, les chercheurs en philosophie antique se sont penchés sur la question du verbe « être » (einai), notamment chez Parménide, Platon et Aristote, mais relativement peu d’attention s’est portée sur les stoïciens. Cet article suggère que les sources stoïciennes pourraient pourtant contribuer aux débats sur ce sujet, non seulement parce qu’elles peuvent conforter certaines des interprétations actuelles mais surtout parce qu…
Read moreDepuis 1973 et l’œuvre phare de Charles Kahn, The Verb to be in Ancient Greek, les chercheurs en philosophie antique se sont penchés sur la question du verbe « être » (einai), notamment chez Parménide, Platon et Aristote, mais relativement peu d’attention s’est portée sur les stoïciens. Cet article suggère que les sources stoïciennes pourraient pourtant contribuer aux débats sur ce sujet, non seulement parce qu’elles peuvent conforter certaines des interprétations actuelles mais surtout parce que les stoïciens eux-mêmes semblent être sensibles aux complexités du verbe et ce de manières surprenantes et révélatrices. En effet, alors qu’ils avaient à leur disposition un moyen de distinguer les usages syntactiquement complets et incomplets d’einai, ils ne semblent pas l’avoir fait, mais ils pourraient avoir par ailleurs distingué différents usages pour des raisons sémantiques, notamment en isolant et en écartant le sens dit véridique et certains emplois à valeur existentielle. De même, bien qu’ils distinguent les prédications universelles des prédications particulières, ils ne semblent pas différencier les phrases d’identité d’autres formules prédicatives, ce qui, il est suggéré, pourrait se justifier au vu d’autres doctrines de leur système philosophique.