Un court passage de l’Économique de Xénophon (IV, 18-25) fait figure d’exception en tant que le paradis [παράδεισος] qui y est évoqué n’y est pas réduit aux usages ludiques habituellement assignés aux jardins royaux par les Grecs. À l’occasion de son échange avec Critobule, Socrate y dépeint plutôt le paradis comme un espace donnant lieu à un certain « travail ». Partant de ce passage, nous soutiendrons que la vie que mène Cyrus le Jeune – présenté de manière non négligeable comme un homme « heu…
Read moreUn court passage de l’Économique de Xénophon (IV, 18-25) fait figure d’exception en tant que le paradis [παράδεισος] qui y est évoqué n’y est pas réduit aux usages ludiques habituellement assignés aux jardins royaux par les Grecs. À l’occasion de son échange avec Critobule, Socrate y dépeint plutôt le paradis comme un espace donnant lieu à un certain « travail ». Partant de ce passage, nous soutiendrons que la vie que mène Cyrus le Jeune – présenté de manière non négligeable comme un homme « heureux » – constitue un archétype de la vie bonne dans la mesure où il incarne l’idéal de maîtrise de soi promu par Xénophon dans tout le dialogue, voire dans l’ensemble de son oeuvre. Nous verrons que la capacité de Cyrus le Jeune à entretenir son jardin nous incite à lui reconnaître certaines vertus éthiques et politiques qui trouvent, dans les jardins d’inspiration perse, les conditions et l’occasion de leur développement.