Tout lecteur de Platon le devine, suppose, tout spécialiste de Platon le sait : les "idées" de Platon, telles qu'il les énonce dans ses dialogues, ne sont pas "tombées du ciel". Comme nous l'avons partiellement démontré dans une autre note, "Dans le texte de La République : des références explicites et implicites à des contemporains (Aristophane, Hérodote, Sophocle), le cas emblématique d’Oedipe" (disponible sur ce réseau), le propos platonicien est puissamment fondé dans des sources, références…
Read moreTout lecteur de Platon le devine, suppose, tout spécialiste de Platon le sait : les "idées" de Platon, telles qu'il les énonce dans ses dialogues, ne sont pas "tombées du ciel". Comme nous l'avons partiellement démontré dans une autre note, "Dans le texte de La République : des références explicites et implicites à des contemporains (Aristophane, Hérodote, Sophocle), le cas emblématique d’Oedipe" (disponible sur ce réseau), le propos platonicien est puissamment fondé dans des sources, références, qu'elles soient explicites (pour ou contre Homère), ou implicites (Aristophane, Sophocle, etc). Mais l'une des sources, implicites, est encore moins perçue et travaillée que d'autres, et ce pour des raisons à la fois objectives et subjectives : l'oncle de Platon, Critias. C'est que cette figure paternelle de substitution (le père de Platon est mort quand il était encore un enfant), était brillante : nous savons qu'il fut, poète, auteur de tragédies (novatrices), penseur (qui a traité des Constitutions et des Lois), et homme politique, engagé dans la tyrannie des Trente, dont la fin coïncide avec la sienne. Cette première note entend poser un jalon dans un travail dont l'objet est de tenter de cerner ce que, de cet oncle, Platon a conservé, transformé, abandonné, rejeté. Évidemment, nous serions bien aidés si, d'un sol miraculeux, d'autres extraits de ses oeuvres pouvaient surgir, mais en attendant, nous disposons d'un certain nombre d'éléments pour pouvoir déterminer ce qui, dans les dialogues de Platon, répète et prolonge Critias, interroge, voire contredit, Critias. Une illustration des rapports familiaux complexes, difficiles, dangereux, dont Platon parle si souvent dans ses dialogues.